Peuples, langues et minorités

Peuple kanak et statut coutumier

Les Kanak forment le peuple autochtone de l'archipel, dont le peuplement remonte à plus de trois mille ans. Le préambule de l'accord de Nouméa du 5 mai 1998 reconnaît les ombres et les lumières de la période coloniale et affirme la nécessité de restituer au peuple kanak son identité. L'article 75 de la Constitution permet à une partie de la population de conserver un statut civil coutumier, distinct du statut civil de droit commun, qui régit notamment la filiation, le mariage, les successions et les terres coutumières.

Institutions coutumières

Le territoire est divisé en huit aires coutumières, structurées en districts et en tribus. Chaque aire dispose d'un conseil coutumier, et le Sénat coutumier réunit seize membres, deux par aire, désignés selon les usages propres à chacune. Cette assemblée rend un avis obligatoire sur les textes touchant à l'identité kanak, au statut civil coutumier et aux terres coutumières, et peut saisir les autres institutions de propositions.

Langues du territoire

Le français est la seule langue officielle et la langue de l'enseignement. Une trentaine de langues kanak sont parlées dans l'archipel, réparties en plusieurs familles et inégalement pratiquées. Quatre d'entre elles, le drehu, le nengone, le paicî et l'ajië, font l'objet d'un enseignement structuré et peuvent être présentées au baccalauréat depuis le début des années 1990. L'Académie des langues kanak, créée dans les années 2000, assure leur description, leur normalisation et leur promotion. Le tayo, créole à base française, est parlé dans la région de Saint-Louis.

Communautés issues des migrations

La population européenne réunit des familles installées depuis la colonisation pénale et libre du dix-neuvième siècle, désignées localement comme Caldoches, et des résidents venus plus récemment de l'Hexagone. Les Wallisiens et Futuniens constituent la troisième communauté par le nombre, arrivés principalement à partir des années 1950 pour les chantiers liés au nickel. Des communautés tahitienne, indonésienne, vietnamienne et ni-Vanuatu, issues elles aussi de migrations de travail, complètent cet ensemble, aux côtés d'une part croissante de personnes se déclarant de plusieurs communautés.

Rapports entre communautés

La coexistence de ces groupes structure le débat public depuis les années 1970. Les accords de Matignon de 1988 puis l'accord de Nouméa ont posé le principe d'un rééquilibrage économique entre provinces et institué une citoyenneté calédonienne ouvrant des droits particuliers en matière d'emploi et de participation à certains scrutins. Les violences de mai 2024 et les négociations institutionnelles ouvertes ensuite ont replacé ces questions au centre de la vie politique, sans que les positions des formations en présence aient convergé.