Les valeurs et les mentalités en Nouvelle-Calédonie
Coutume comme cadre social
Chez les Kanak, la coutume désigne un ensemble de règles et de gestes qui organisent la vie du clan, les alliances, les deuils et l'accueil des visiteurs. Elle passe par la parole et par l'échange d'objets, nattes, tissus, ignames ou monnaie kanak, dont la valeur tient au lien qu'ils scellent bien plus qu'à leur prix. Un sénat coutumier et des conseils d'aire assurent sa représentation dans les institutions du territoire, aux côtés des assemblées élues.
Terre et appartenance
Le rapport à la terre structure profondément les identités. Pour les clans kanak, la terre porte le nom, les ancêtres et l'histoire du groupe, et ne se réduit pas à un bien négociable. Pour les familles européennes installées depuis plusieurs générations, souvent désignées sous le nom de Caldoches, l'attachement au territoire s'enracine dans la vie de brousse, l'élevage et une longue histoire familiale. Ces deux formes d'attachement coexistent dans un même espace.
Communautés et destin commun
La population réunit des Kanak, des Européens, des Wallisiens et Futuniens, des Tahitiens, des Indonésiens, des Vietnamiens et des Ni-Vanuatu. Chaque communauté conserve ses fêtes, ses associations et ses repères, tout en partageant l'école, le travail et l'espace urbain. L'accord de Nouméa, signé en 1998, a mis en avant la notion de destin commun, régulièrement invoquée dans le débat public. Les questions institutionnelles et l'avenir du territoire donnent lieu à des positions opposées, portées par des formations indépendantistes et non indépendantistes.
Place des religions
Le christianisme tient une place forte dans la vie sociale. Le catholicisme domine sur une partie de la Grande Terre et dans les communautés océaniennes venues de Wallis et Futuna, tandis que le protestantisme reste très présent aux îles Loyauté, héritage des missions du dix-neuvième siècle. Les cultes rythment les fins de semaine, les mariages et les deuils, et les chorales paroissiales jouent un rôle social qui dépasse largement le cadre religieux.
Rythme de vie et sociabilité
Le climat et l'insularité façonnent un rapport au temps plus souple qu'en métropole. Les journées commencent tôt, la pause de la mi-journée s'étire et la vie sociale se déplace volontiers vers le bord de mer ou la tribu en fin de semaine. Le repas partagé, la pêche et les fêtes familiales structurent les liens entre voisins et entre générations. Le sens de l'hospitalité demeure une valeur largement revendiquée, quelles que soient les origines.