La musique calédonienne

Chants et percussions anciens

La musique kanak repose d'abord sur la voix et sur la percussion. Les chants anciens obéissent à des échelles propres, éloignées de la gamme tempérée que les missionnaires anglicans introduisent à partir de 1841. Les percussions emploient des matériaux végétaux, bambous frappés au sol, écorces battues et faisceaux de feuilles sèches, qui donnent aux danses leur pulsation caractéristique. La conque marine sert quant à elle à annoncer les événements importants de la vie du clan.

Pilou et danses collectives

Le pilou désigne la grande danse collective kanak, exécutée lors des fêtes, des mariages et des échanges coutumiers. Longtemps encadré, voire interdit par l'administration coloniale, il s'est maintenu et se donne aujourd'hui à voir lors des festivals et des cérémonies. Les danseurs, disposés en cercle ou en rangs, accompagnent le chant de frappes de pieds et de claquements, dans une progression qui peut occuper une grande partie de la nuit.

Naissance du kaneka

Le kaneka apparaît en 1984, dans le sillage de la préparation du quatrième Festival des arts du Pacifique. Jean-Marie Tjibaou et Jacques Iekawé lancent alors un concours pour la composition d'un hymne, remporté par le musicien de Maré Warawi Wayenece. Le nom du genre dérive de Kanaké, figure centrale du festival Mélanésia 2000 organisé en 1975 à Nouméa. Le kaneka associe la base rythmique des chants et des percussions kanak aux instruments électriques venus du rock et du reggae, et se chante aussi bien en français que dans les langues du territoire.

Scène musicale d'aujourd'hui

Le kaneka demeure le genre le plus identifié de l'archipel, porté par des groupes et des solistes qui tournent dans l'ensemble du Pacifique. Gulaan figure parmi les artistes les mieux connus hors du territoire. À côté de cette scène, le reggae, le hip-hop, la variété et les chorales d'inspiration religieuse tiennent une place importante dans la vie quotidienne. Les communautés wallisienne, futunienne et tahitienne apportent leurs propres répertoires de chants et de danses, très présents lors des fêtes de quartier.

Festivals et lieux d'écoute

Les grands rendez-vous musicaux se tiennent surtout à Nouméa et dans les provinces, autour de festivals qui associent concerts, danses coutumières et expositions. Le centre culturel Tjibaou accueille régulièrement des créations et des résidences d'artistes. Les radios locales jouent un rôle décisif dans la diffusion du répertoire calédonien, souvent mieux représenté sur les ondes de l'archipel que sur les plateformes internationales.