La littérature calédonienne

Fondations orales

Avant l'écrit, la Nouvelle-Calédonie possède une littérature orale d'une grande richesse, portée par les langues kanak. Récits fondateurs, contes, poèmes chantés et berceuses se transmettent de génération en génération selon des formes que chaque langue nomme différemment. Des ethnologues et des linguistes, parmi lesquels Maurice Leenhardt puis Alban Bensa, en ont recueilli et publié une partie, contribuant à faire entrer ce patrimoine dans le champ du livre.

Premiers auteurs du Caillou

Georges Baudoux, né en 1870 et mort en 1940, passe pour le premier écrivain calédonien. Ses nouvelles, rassemblées notamment sous le titre Les Blancs sont venus, décrivent la société coloniale, les mineurs, les broussards et les tribus avec une acuité qui en fait encore aujourd'hui un document de première main. Jean Mariotti, né en 1901 et mort en 1975, prolonge cette veine en s'inspirant des légendes kanak dans Les Contes de Poindi, paru en 1939, puis dans une série de romans écrits pour l'essentiel depuis la France.

Voix kanak contemporaines

Déwé Gorodey, née en 1949 et disparue en 2022, occupe une place singulière dans ce paysage. Femme politique engagée dans le mouvement indépendantiste et longtemps membre du gouvernement local, elle publie poèmes, nouvelles et romans, dont Sous les cendres des conques en 1985 et Graines de pin colonnaire en 2009. Son écriture croise la mémoire coloniale, la condition des femmes et la parole coutumière. Le dramaturge Pierre Gope porte une inspiration voisine vers la scène.

Scène littéraire actuelle

Nicolas Kurtovitch, né en 1955 à Nouméa, compte parmi les auteurs les plus prolifiques du territoire. Poète, nouvelliste et homme de théâtre, il cherche dans son œuvre un point de rencontre entre héritage européen et sensibilité océanienne. L'Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, fondée en 1996, fédère les plumes locales, tandis que la Maison du Livre réunit depuis 2007 auteurs, éditeurs et institutions culturelles. Claudine Jacques, du côté du roman et de la nouvelle, et Louis-José Barbançon, du côté de l'essai historique, comptent parmi les signatures les plus régulièrement citées.

Édition et diffusion

Quelques maisons installées à Nouméa publient romans, essais, ouvrages pour la jeunesse et travaux de recherche consacrés à l'archipel. Salons du livre et rencontres en bibliothèque entretiennent une vie littéraire active malgré l'éloignement des grands circuits de diffusion. Une bonne part de la production locale reste difficile à trouver en métropole, ce qui donne aux librairies calédoniennes un rôle de vitrine pour cette littérature encore peu connue à l'extérieur.