La langue calédonienne

Français, langue officielle

Le français est la langue officielle de la Nouvelle-Calédonie, collectivité française sui generis du Pacifique Sud. Il sert de langue d'enseignement, d'administration et d'échange entre des communautés d'origines très diverses. La quasi-totalité des habitants le pratiquent, à des degrés variables selon les générations et les régions. Le parler calédonien possède néanmoins ses tournures, son accent et son vocabulaire propre, nourri d'emprunts aux langues océaniennes et à l'anglais du Pacifique.

Vingt-huit langues kanak

Le territoire compte vingt-huit langues autochtones, appelées langues kanak, qui appartiennent toutes à la famille austronésienne. Cette densité linguistique, exceptionnelle pour un espace de cette taille, tient à l'ancienneté du peuplement et à une organisation sociale en aires géographiques bien distinctes. Lors du recensement de 2014, un peu plus de soixante-huit mille personnes âgées de quatorze ans ou plus déclaraient maîtriser au moins une de ces langues. Le nombre de locuteurs recule lentement d'un recensement à l'autre, ce qui explique l'attention portée à leur transmission.

Drehu, nengone, paicî et ajië

Quatre langues se détachent par leur nombre de locuteurs. Le drehu, parlé à Lifou, arrive en tête avec près de seize mille locuteurs. Le nengone, langue de Maré, en rassemble près de neuf mille. Sur la Grande Terre, le paicî se pratique autour de Poindimié, Koné et Pouembout, tandis que l'ajië reste la langue de la région de Houaïlou. Viennent ensuite le xârâcùù, du côté de Canala et de Thio, puis l'iaai, parlé à Ouvéa. Ces quatre premières langues figurent parmi celles qui peuvent être présentées comme langues régionales aux examens de l'enseignement secondaire.

Reconnaissance institutionnelle

L'accord de Nouméa reconnaît les langues kanak comme langues d'enseignement et de culture. Une Académie des langues kanak voit le jour en 2007 pour fixer leurs règles d'écriture, accompagner leur évolution et soutenir leur transmission. Elle travaille par antennes réparties selon les aires coutumières. Des locuteurs interviennent également à l'école maternelle et primaire, dans une logique de continuité entre la langue de la famille et celle de la classe.

Langues des autres communautés

Aux côtés du français et des langues kanak circulent celles des populations venues du reste de l'Océanie et d'Asie, notamment le wallisien, le futunien, le tahitien, le javanais et le vietnamien. Le bichelamar se retrouve chez les ressortissants du Vanuatu. Le tayo, créole à base française né à Saint-Louis, sur la commune du Mont-Dore, rassemble environ un millier de locuteurs et constitue une curiosité linguistique propre au territoire.