L'artisanat calédonien
Sculpture sur bois
La sculpture constitue l'expression majeure de l'art kanak. Les artisans travaillent surtout le houp, bois dense et durable, pour tailler les poteaux de case, les chambranles de porte et les flèches faîtières. Visages stylisés, chevrons et losanges composent un vocabulaire de formes transmis d'une génération à l'autre. Massues, sagaies et manches d'outils relèvent du même savoir-faire. Les sculpteurs contemporains prolongent cette tradition en produisant aussi bien des pièces cérémonielles que des créations destinées aux galeries et aux commandes publiques.
Bambous gravés
Les bambous gravés forment un ensemble sans équivalent dans le Pacifique. Sur des tiges polies et noircies, les graveurs du dix-neuvième siècle ont incisé au couteau des scènes de la vie quotidienne, des danses et des poissons, puis l'arrivée des Européens, leurs navires, leurs armes et leurs maisons. Ces objets, portés lors des déplacements, tenaient à la fois du talisman et de la chronique. Les musées en conservent des collections précieuses et la gravure sur bambou connaît un regain d'intérêt chez les artistes actuels.
Vannerie et fibres végétales
La vannerie mobilise les feuilles de pandanus et de cocotier, assouplies puis tressées. Elle fournit les nattes utilisées dans les échanges coutumiers, les paniers du quotidien, les chapeaux et les corbeilles de transport. Ce travail relève le plus souvent des femmes et se transmet au sein des familles. Les marchés de Nouméa et des communes de brousse en proposent une production abondante, dont les motifs varient sensiblement d'une région à l'autre.
Monnaie kanak et parures
La monnaie kanak occupe une place à part dans l'artisanat du territoire. Faite de coquillages, de perles et de fibres tressées, achevée par une tête sculptée, elle accompagne les grands gestes coutumiers et scelle les alliances entre clans. Sa valeur tient au lien qu'elle établit et au récit qui l'accompagne bien plus qu'à sa matière. Les parures de nacre, les colliers de coquillages et les haches cérémonielles à disque de pierre polie relèvent d'un savoir-faire voisin.
Poterie et héritage lapita
L'archipel a livré certains des plus anciens témoignages de la poterie océanienne. Le site de Lapita, sur la presqu'île de Foué près de Koné, a donné son nom à toute une culture préhistorique du Pacifique, dont les céramiques décorées de motifs imprimés au peigne remontent à environ trois mille ans. Cet héritage inspire aujourd'hui des céramistes locaux, qui en reprennent les frises dans des pièces contemporaines vendues sur les marchés d'art.